Café, reines et bien être végétal
Le week end dernier (c'est-à-dire le dimanche) Alexandre et moi-même, après une bonne grasse mat’ et un repas vite fait bien fait, étions à la recherche d’un café pour justement en prendre un.
Problème : Le dimanche en Suisse tout est fermé (enfin presque) et ce n’est pas en logeant en altitude que l’on augmente nos chances de croiser un troquet ouvert…
Bon après l’altitude à ses côtés sympa , comme la vue au réveil :
Perso je ne m’en lasse toujours pas. C’est marrant comme en montagne, le versant d’en face a toujours l’air plus beau que celui duquel on regarde…(bon forcément c'est moins saisissant qu'en vrai...)
Bref à force de monter dans la vallée à la recherche de quelque chose d’ouvert, on est arrivé aux pieds des pistes –de ski…- où l’on est tombé sur un « combat des reines »…
Il ne s’agit pas d’un combat dans la boue opposant deux Romandes « à la Fort Boyard » (ce qui me fait penser qu’on n’avait pas organisé cette épreuve lors de notre dez’, scandale !) mais belles et bien de plusieurs troupeaux de vaches de race Herens réunies sur le même « terrain de jeu » à savoir un alpage. Ambiance vin chaud, raclette et lâché de perdrix… –forcément la gentille dame a eu l’air un peu abasourdie quand je lui ai demandé deux cafés-
Premier truc qui frappe c’est le numéro écrit en gros au marqueur blanc sur la robe de chaque vache
Le deuxième, c’est le bruit…les cloches. Au bout de petit bout de temps on a compris que le numéro représentait l’éleveur auquel appartenait la vache.
Puis au bout d’un moment, les cloches faisant plus de bruit qu’à la normale –signe annonciateur du combat…- ça commence à se cogner, au début tu te dis que t’as mal vu, ensuite tu te dis qu’elles se taquinent puis tu finis par te résigner : les vaches sont folles.
C’est sûr que ces pas des Holstein qu’on verrait faire ça, ni même des Montbéliardes (avec tout le respect que je voue au Comté !). But de la manip’ –hormis la gloire de l’éleveur, accessoirement occupé à vider son vin chaud et sa tartine de raclette- : identifier les fortes têtes de chaque troupeau, celle qui remue tellement la terre du pied qu’on dirait des vrais taureaux, celles en mode « même pas mal ». Comme ça chaque troupeau a une Reine et les plus gaillardes iront en finale cantonale, reconnaissance ultime pour un éleveur local lui permettant surement de finir sa vie à coup de vin chaud et raclette tous les dimanches.
C’était un café plutôt incongru, mais plutôt marrant. Après quelques recherches, il s’agit de la seule race à se cogner dessus, tout ça –je le rappelle- pour une Reine, et en plus c’est 100% naturel, bon ils pourraient se passer de la finale cantonale, certes, mais bon on va prendre le risque de vexer tous ces éleveurs romands en leur parlant de bien être animal et c’est pas Alexandre, basque et amateur de foie gras qui vous dira le contraire
Bon sinon le boulot (ça s’apparente moitié à un boulot, moitié à un stage) c’est toujours aussi prenant, on se met doucement au portugais, on se fait chambrer chaque lendemain de match des Bleus et dans plusieurs langue (ça c’est la classe, enfin heureusement c’est fini), je passe mes journées sur le transpalette à faire en sorte que tout se passe comme prévu dans le dépôt, je laisse pisser quand ma maître de stage pousse des gueulantes, je mime à des Serbes, portugais, croates comment faut faire pour remplir une barquette d’abricot et en même temps je m’enfile ma douzaine d’abricots bien mûrs dans la journée.
En parlant de chambrage, j’ai cru péter une durite quand le soir du match France / Pays-Bas, un gros hollandais posté dans son break Volvo et sa bande de beaufs d’amis qui l’entourait m’ont klaxonné pendant une bonne minute (enfin tant qu’ils étaient derrière moi quoi…) putain de plaque française de merde…
Pour France/Italie on avait décidé de se fouttre dans un troquet (les fameux troquets fermés le dimanche) pour le regarder tranquilou sans se faire emmerder, résultat on a atterri dans un bar old school tenu par des Italiens, même le Bouliste a plus d’allure à côté ! Bref on n’est même pas resté jusqu’à la fin du match…et oui c’est ça l’orgueil français.
Pour finir : le paragraphe actualité !
Saviez vous qu’en même temps que la flamme olympique traverse le Tibet, que les Italiens gagnent scandaleusement face aux Français, qu’Aurélien se fait héberger par une quinquagénaire Australienne, et bien les Suisses viennent de reconnaître aux plantes le droit à la « dignité de la créature » … « Les plantes ont une valeur intrinsèque au nom de laquelle elle doivent être protégées […] tout acte de nuisance arbitraire envers les plantes sont donc moralement répréhensibles »
On doit encore avoir le droit d’acidifier sa salade à coup de vinaigre balsamique ou de râper ses carottes, on peut supposer qu’on écrase pas trop l’herbe en s’allongeant dedans, mais a priori toutes les manipulations génétiques et toute recherche qui « nuirait » trop à la « sensibilité » des plantes sont visées et en premier lieu les OGM : les semences Terminator que l’on rend stériles verraient leur dignité bafouée…(pffffurrrt !)
Bon le bien être animal, je veux bien (merci Daniela), mais le bien être végétal, faut pas trop se foutre de la gueule du monde (Claudie dirait qu’il ne vaut mieux pas commencer à jouer avec ses couilles) d’autant pus que tout ça sent un peu trop la calotte : « dignité de la créature… »
L’article que j’ai lu dans Charlie hebdo (sisi Aurélien, je m’y mets grâce à Alexandre !) finit par une citation marrante qu’ils attribuent à Cocteau –c’est un peu pédant Charlie Hebdo- « Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue, alors quand tu dis que tu m’aimes j’ai peur un peu. »
Dernière citation marrante :
« Si Jesus avait été mort il y a 20 ans, les enfants des écoles catholiques porteraient autour du cou des petites chaises électriques, au lieu de croix » Lenny Bruce (comique américain)
ça c'est là où je loge. (le rez de chaussée)
La bise